Kisangani Musique

Guerre de 6 jours : L’artiste Alesh raconte son vécu !

Alors qu’il a passé une grande partie de son enfance à Kisangani où il a lancé sa carrière de rappeur, le « King Lesh » a survécu à la meurtrière et historique guerre de 6 jours. Sur sa page Facebook, il promet de raconter pendant 6 jours histoire de ces événements tragiques.

Voici son long et émouvant message pour le « jour 1 », le 5 juin :

« Afin que le monde n’oublie pas. Tant que Facebook existera, Du 5 au 10 Juin de chaque Année, je raconterai l’histoire de la guerre la plus meurtrière et impitoyable que j’ai vécue. Vous l’aviez peut-être lue sur ce mur durant les années précédentes, mais il en sera ainsi chaque année! Lisez et partagez-la encore cette année.

J’avais 15 ans et c’était un lundi d’apparence ordinaire, nous étions tous au Collège du Sacré Cœur (Maele) comme d’habitude. L’enclenchement de la descente aux enfers, 9h55′ (5’avant la récréation) la guerre avait éclatée! C’était très brutal puisque les premiers sons que nous avions entendus n’étaient pas des sons de tirs à l’AK47, mais le grondement de 3 grosses bombes qui avaient éclaté juste derrière la direction de notre Collège.

Après avoir fait « l’aîné » puisque je devais aller chercher mon Grand-frère dans sa classe au lieu que ça ne soit plutôt le contraire (Il était plus stressé que moi; il avait déjà été atteint par une balle et des éclats de roquette durant la guerre de 3 jours qui avait eu lieu une année plus tôt), je quittais le Collège sous les tirs de balles et les bombes. Quelques minutes avant, Mon grand-frère, moi, ainsi que plusieurs autres centaines d’élèves nous étions réfugiés dans la grande salle de l’école (j’étais personnellement sous le podium). Tentant de comprendre ce qui se passait, et recherchant comme on pouvait des infos par du bouche à oreille, quelques échos/rumeurs/infos commençaient à nous parvenir: C’était la guerre! Et nous apprîmes que des militaires Rwandais avaient pris en otages quelques élèves de l’athénée de Kisangani, et qu’ils les obligeaient à porter des caissons de munitions (balles, chargeurs, grenades).
Nous avons fini par comprendre que nous étions dans un gros pétrin et qu’il fallait à tout prix quitter l’enceinte de l’école, de peur que des militaires Rwandais ne tombent également sur nous, même si le prix à payer serait de braver la mort. Nous décidâmes ainsi de quitter le Collège Maele (une quinzaine d’élèves qui habitions le quartier des musiciens, le bloc universitaire, ainsi que le reste du Plateau Boyoma).

Le Collège Maele était situé à quelques centaines de mètres du Gouvernorat de Province, mais également de la résidence officielle du Commandant Laurent Nkunda (à l’époque). Et étant à portée de vue des militaires du « Commandant », ils ont ouvert le feu sur nous ! Je n’avais que 15 ans et je me faisais tirer dessus pour la 1ère fois! #HistoireVraie. Nous avons fini notre course dans un gros caniveau qui reliait le Collège Maele au Lycée Mapendano. Et sur un chemin que nous parcourions en 20 minutes (Trajet Maison – École), nous avions passé 4 heures de parcours sous les balles avant d’atteindre notre maison, mon grand-frère et moi.

J’invite tous les ressortissants de Kisangani ayant connu la guerre de 6 jours en 2000 entre les armées Rwandaise et ougandaise de partager pendant 6 jours, soit des photos, soit leurs histoires pour que le monde n’oublie pas le tort irréparé qui nous a été causé.
Utilisez 2 hashtags pour que l’on retrouve facilement nos histoires #Joubliepas et #Kisangani6Jours

Je ne saurais identifier tout le monde, donc aidez moi à mentionner vos amis en commentaire pour que tout le monde ait l’info.
Temoignons et denonçons pendant 6 jours!

J’écris cette histoire pour qu’un jour personne n’ose l’écrire à notre place. Un projet de livre, de spectacle musical et de bande dessinée est en cours (oui, il ne faut pas que nos enfants ignorent notre histoire).

Si un jour je ne vis plus, je confie la paternité de ces textes à mes frères Guy et Gloire, à ma fille Imara, et à ma Femme.

Si Vous aimez la RDC en tant que fils/fille, ou que vous en êtes ami, énorme Merci à Vous de partager ce post. Faisons-le tourner sur la toile afin qu’un jour personne ne tente d’effacer cette partie de NOTRE HISTOIRE.

À demain pour le récit du Jour 2 de la fameuse guerre de 6 jours. » a-t-il conclu.

Maintenant qu’il poursuit sa carrière à Kinshasa, l’article est visiblement loin de pouvoir oublier d’où il vient.

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